Mon parcours pour accepter mes cheveux.

12:13

Si vous me suivez un peu partout sur les réseaux sociaux, vous savez quel type de chevelure se trouve sur mon crâne mais vous ne savez pas forcément quel long chemin j'ai dû emprunter avant de les aimer comme aujourd'hui. Enfant, pré-adolescente et adolescente, mes cheveux étaient mon pire complexe. Ils étaient ce que je détestais le plus chez moi et je vais vous raconter comme j'ai réussi à les aimer au fil des années.



Ayant des origines africaines et françaises, je tiens mes boucles des origines burkinabaises de mon papa. Ce métissage est hérité de mon arrière grand père venu combattre pour la France lors de la Première Guerre Mondiale. Il est ensuite resté en France et s'est marié avec une française. De générations en générations, les origines se sont mélangées et aujourd'hui me voilà accompagné de mes deux frères - un blanc et un noir, oui oui tu as bien lu - et de ma soeur. Entre mes yeux bleus et mes cheveux bouclés, chez moi le métissage est bien présent. 

Métissage, cheveux bouclés et yeux clairs.


Je n'ai pas, ou très peu, connu ma famille du côté de mon père. Mes grands parents sont décédés quand j'étais bébé, c'est pourquoi je n'ai pas eu la culture africaine dans mon éducation. Je n'ai donc eu personne dans mon entourage pour me partager les bons gestes à adopter avec des cheveux pareils. Et je ne vous apprends rien en vous disant qu'on entretient pas de la même façon des cheveux africains et des cheveux européens, mais c'est une toute autre histoire.

Enfant avec les cheveux boucles
Alors c'est ma mère qui s'est toujours occupé de ma tignasse, à coup de brosse elle me répétait "il faut souffrir pour être belle", et croyez moi vous ne souhaitez pas connaître le  genre de douleur que c'est que de brosser des cheveux bouclés à sec! Elle aimait beaucoup me les coiffer, me les tresser, chaque jour j'arborai une nouvelle coiffure. En revanche, quand il s'agissait de me les couper c'était une voisine à nous coiffeuse qui s'en occupait, rien de bien méchant, rien de fantaisie on coupait les pointes droites et c'était tout. 

En grandissant, mes cheveux ont à leur tour évolué, fini les cheveux de bébé ils avaient pris en volume, en épaisseur et c'est à partir de ce moment là que j'ai commencé à m'y perdre. Je ne savais pas quoi en faire ni comment m'en occuper. Alors j'ai continué à me les brosser matin et soir, et le matin je m'attachais les cheveux en queue basse avant d'étaler un demi pot de gel sur mes racines pour éviter tout frisottis. A cette époque il n'était pas question de boucles, juste de cheveux vivant leur vie individuellement des autres donnant l'impression que je m'étais mis les doigts dans une prise.

Pre Adolescente
Mise à part le fait que j'étais déjà perdue avec cette chevelure, les enfants de mon école ne m'ont pas franchement aidé à les aimer... Chaque jour, j'avais le droit à des moqueries tel que "sorcière", "grosse touffe", "va te coiffer", "t'es moches avec ces cheveux là"... A cet âge là, j'essayais tant bien que mal de les cacher en les attachant quotidiennement enviant au passage toutes mes copines et leurs doux cheveux lisses.

Quand j'imaginais mon "moi adulte", elle avait de long cheveux lisses, incroyablement doux et brillant.

A l'adolescence, les fers à lisser ont fait leur apparition, un vrai bonheur pour moi. Je me souviens de la première fois où je les ai lissés chez une amie, je me suis trouvée si belle, si normale que j'en ai aussitôt demandé un pour Noël, dans le simple but de me les lisser chaque jour. Fort heureusement, mes parents ont strictement refusé et je les remercie car le chemin pour obtenir mes boucles d'aujourd'hui aurait été encore plus long. J'ai donc comblé leur interdiction en me lissant une seule mèche que je mettais derrière mon oreille pour donner l'impression d'avoir la fameuse frange sur le côté, à la mode à cette époque. Autant vous dire que ça faisait rien du tout, ça ne ressemblait ni à une frange sur le côté ni à rien d'ailleurs. Si à la pré-adolescence j'étais déjà perdue, je vous laisse imaginer mon état à l'adolescence. 


Adolescente

J'étais pas comme tout le monde et je ne supportai pas ça. 

Arrivée au lycée, j'ai découvert un produit que je trouvais miraculeux à cette époque mais que je bannis désormais, j'ai nommé: la mousse coiffante. Elle a révolutionné ma vie à cette époque, je découvrais pour la première fois que mes cheveux pouvaient former des boucles. J'étais si contente que j'en ai abusé tous les jours pendant plus de trois ans. J'en mettais des tonnes sur mes cheveux ce qui avait tendance à leur donner cet air caoutchouteux.... Mon utilisation excessive à bruler mes cheveux, j'ai du les couper très court et c'est à cet instant que le déclic à eu lieu.


A l'adolescence

J'ai commencé à chercher à en prendre soin.


Il m'aura donc fallu attendre 18 ans, et une grosse claque dans la tête pour commencer à en apprendre davantage sur mes cheveux et les gestes à adopter. J'ai commencé à me renseigner sur internet via des sites spécialisés... Puis j'ai débuté ma reconstruction capillaire avec des masques maison à base d'huile d'olive et d'oeufs avant de m'orienter très dernièrement vers des huiles et baumes naturels dont j'ai déjà parlé juste la.

Le résultat a été sans appel, après quelques années à chercher, essayer et trouver les bons gestes mes cheveux m'en remercient. Ils ont de belles boucles, ils poussent énormément, sont doux au toucher et presque brillant. Ce n'est pas encore parfait mais quand je regarde le chemin parcouru, je sais que j'en suis pas si loin. Maintenant, mes cheveux ne sont plus un complexe, en apprenant à les chouchouter, à les écouter et à les connaître j'ai enfin appris à les aimer



Mon épanouissement personnel à réellement été compliqué. On ne cessait de nous partager l'image de la femme parfaite aux cheveux lisses que ce soit en couverture de magazine ou dans les publicités. Comment est-il donc possible de s'aimer quand on se rend compte qu'on ne rentre pas dans le moule? Quand des garçons vous disent "ah mais tes cheveux sont moche, tu étais beaucoup plus canon les cheveux lisses, alors non je ne veux pas de toi".  Que les coiffeurs se décomposent quand ils voient vos cheveux et que vous vous retrouvez avec tout sauf ce que vous vouliez parce qu'ils ne savent pas couper autre chose que des cheveux européens. Enfant, nous sommes davantage influençable à ces moules dans lesquels il faut absolument rentrer, les moqueries et le rejet des autres importent et a énormément impacté sur l'enfant que j'étais.


Enfant


Même si aujourd'hui, il m'arrive encore parfois de complexer de mes cheveux, je ne les changerai désormais pour rien au monde parce qu'ils font partie de mon histoire, de mon héritage, de moi tout simplement. Quand il m'arrive de les lisser, je sens que ce n'est pas moi et même si j'aime changer de tête trois fois par an, j'aime retrouver mes boucles à la sortie de la douche, c'est comme si je me retrouvai une nouvelle fois. Ils sont ma différence, au près des autres, c'est ce qui me caractérise.

Alors s'il devait y avoir une morale à cette histoire..


Je dirais qu'importe le complexe que vous avez car cette partie de votre corps est "différente" selon vous, aimez là, chérissez là car elle fait de vous qui vous êtes, elle est votre histoire. Mais surtout elle vous rend unique, et il n'y a rien de plus merveilleux. 


Parce que chaque personne à son histoire, sa différence et c'est ce qui la rend si unique et si belle.

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10 commentaires

  1. Un super article auquel je m'identifie énormément. J'ai les cheveux aussi très bouclés, pas de nature africaine mais tout de même énormément bouclé pour des cheveux européens. Je me retrouve beaucoup dans ce que tu racontes sur ton enfance, les moqueries, les coups de brosses, la mousse... J'ai l'impression d'avoir eu le même parcours que toi pour finalement les adorer au jour d'aujourd'hui et je suis bien contente de jamais m'être fait de lissage ou quoi que ce soit d'ailleurs!!!

    J'adore ta façon d'écrire, continue comme ça, c'est top!!

    Océane ��

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait beaucoup plaisir! Pour le coup, je suis aussi très contente de n'être jamais passé par le lissage brésilien, ni rien de tout ça. Je pense que le parcours aurait été beaucoup plus difficile et long!

      Merci encore pour ce si joli commentaire, ça me touche beaucoup!!

      Angélique :)

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  2. J'ai l'impression de me voir un peu à travers ton article. J'ai les cheveux bouclés/frisés. Jusqu'en 6ème je l'ai brossé le matin, un calvaire et comme je les avais jusqu'aux épaules, image la touffe que cela me faisait ! Il m'aura fallu attendre la terminale pour bannir mon fer à lisser !

    Des bisous
    http://www.iamnais.fr/

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    1. Je les avais aussi jusqu'au épaules, j'imagine très bien ton calvaire et la touffe que ça te faisait c'était pareil pour moi aussi.

      Je suis contente que mes parents ne m'aient jamais laissé le droit de me les lisser tous les jours. Aujourd'hui je les lisse encore de temps en temps, très rarement.

      Merci encore :)

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  3. Coucou :) Je te remercie pour ton retour expérience, et je comprend tellement ce par qui tu es passé ! Etant petite j'avais les cheveux lisses, et à la pré-adolescence ils ont commencé à ondulés sans que je comprenne, mais ne sachant pas je tirais dessus et les plaquais en arrière. A l'adolescence je suis aussi passé par la mousse coiffante pour une tigrasse informe, et puis j'ai découvert le lisseur et de mes 16 à 18 ans je les ai lissé tous les jours ! Je me trouvais enfin normal car conforme à la définition de la beauté qu'on nous donne.. Et puis j'ai dompté mes cheveux et je sais désormais comment les nourrir et les coiffer. Les tiens sont vraiment magnifiques aujourd'hui ! Des bisous

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    1. C'est bien ça le problème "la définition de la beauté qu'on nous donne", il y a rien de pire!!

      Il faut simplement ne pas écouter les autres mais nos cheveux, découvrir ce dont ils ont besoin, les gestes à adopter etc.

      Merci pour ton retour et ton commentaire ça me touche énormément :)

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  4. Je ne connais pas tes galères de cheveux, mais je salue ton parcours. Et tu as raison d'assumer tes cheveux parce qu'ils sont magnifiques, et s'accordent superbement avec ton visage ! Franchement je sais que moi, les boucles ça n'irait absolument pas (merci le métissage franco-asiatique), mais sur toi ça te va à ravir ! :)
    Les envies capillaires, on y est toutes passées. Petite je m'en fichais, au collège / lycées il fallait toujours qu'ils soient lissés, et maintenant ils sont libres de faire ce qu'ils veulent (sauf d'être gras).
    Bref, tout ça pour dire que j'aime beaucoup tes boucles !

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire plein de gentillesse et de mots agréable. Ça fait vraiment plaisir à lire, merci encore :)

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